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Histoire

Situation administrative

Ancien Régime. Seigneurie souveraine de Blamont. 1699 : seigneurie de Blamont, subdélégation de Baume-les-Dames. 1699-1744, 1758-1790 et subdélégation de Blamont 1744-1758. Maîtrise des Eaux et Forêts de Baume. Révolution, Empire. District de Saint-Hippolyte, canton de Blamont.

19ème -20ème siècle. Arrondissement de Saint-Hippolyte jusqu’en 1816, puis de Montbéliard, canton de Blamont jusqu’en 1899 puis d’Hérimoncourt.

Situation judiciaire :

Ancien Régime. Souverain Buffet de Blamont jusqu’en 1699 et consistoire paroissial : 1699, Bailliage de Baume-les-Dames présidial de Besançon.

En Châtillon se trouve, repéré depuis le 19ème siècle, un camp préhistorique du type : éperon barré par un vallum, appartenant à l’âge du bronze ancien et final. Quelques trouvailles y ont été faites, en particulier des lames de silex et des tessons de poterie identiques à ceux du camp de Mesmay (39).

Cet habitat perché, fortifié est classique. Les hommes utilisaient les terres légères du plateau faciles à cultiver et l’eau des sources du fond de la reculée.

L’histoire de Roches-lès-Blamont ne commence qu’au 11ème siècle. En 1040, l’archevêque de Besançon Hugues Ier, fit donation à l’abbaye de Baume-les-Dames de 14 églises, situées pour la plupart en Ajoie et parmi lesquelles l ‘ altare quoque de Rupibus. Ainsi émerge pour la première fois une église et conséquemment un village, celui de Roches.

Roches est entré dans la formation de la Seigneurie de Blamont à la fin du 13ème siècle et en a suivi l’histoire et retourne aux comtes de Montbéliard en 1506 ( cf. notice sur Blamont, dictionnaire, t.I, p. 391- 392).

Au 12ème siècle, en 1136, deux frères, Jocerand et Bernard, de Roches, font une donation à l’abbaye de Lucelles portant sur le tiers du village de Liebvillers et, en 1147, le même Bernard en fait une autre en faveur de l’abbaye de Belchamp. En 1181, cette abbaye jouissait bien d’un meix à Roches : " apud Rochas dimidiam colungiam ". Le premier seigneur connu de Roches se nommait, vers 1310, Thiébaud. Son fils Jehan, écuyer, est mentionné en 1345. Puis Perrin de Roches, châtelain de Blamont, suit en 1362 et Huguenin de Roches encore en 1398. Cette famille noble prit ensuite le nom de Blamont et s’éteignit en 1474. Cette famille porta Blason "  de gueules à 2 barbeaux adossés d’argent ".

Le fief fut partagé ensuite entre divers héritiers par les femmes pour arriver dans les familles de Ligniville-Tantonville, Ballandier et de la Fougereuse. Les biens furent à nouveau rassemblés et rachetés à la fin du 16ème siècle par le prince Frédéric avait systématiquement organisé une politique territoriale rassemblant les morceaux épars des fiefs médiévaux dans toute la principauté. Roches fournit encore un exemple de son action. Les princes exercèrent leur souveraineté sur la seigneurie de Blamont, donc à Roches, jusqu'à la conquête française de 1676. A partir de cette date, ils n’eurent plus que le domaine utile de la seigneurie, le roi de France ayant alors pris la souveraineté. Le traité de 1748 entérina le fait, mais Roches était déjà devenu français de 1676 à 1697 et définitivement à partir de 1699 lors de la réoccupation militaire de Blamont qui succéda au traité de Ryswick parjuré par le roi.

Le bien de Belchamp (de 1181) et un autre du chapitre de Montbéliard (de 1196) furent sécularisés au 16ème siècle au moment de la Réforme et également réunis au domaine comtal. S’il y eut des affranchissements de la mainmorte au 16ème siècle, ces mesures ne furent pas complètes et une partie de la population (16 feux) resta mainmortable jusqu'à la Révolution.

Roches eut beaucoup à souffrir des guerres de la période moderne et contemporaine. Pendant les guerres de Religion, le raid des Guise fut épouvantable. 23 maisons furent brûlées, estimées 4.337 florins, le presbytère le fut aussi et le temple en partie (1.000 florins), le pillage fut terrible avec vol du bétail (14 chevaux, 3 bovins, 11 porcs, 67 ovins) et de toutes les récoltes. Les pertes totales furent estimées à 8.929 florins. Les habitants qui ne s’étaient pas sauvés dans les bois, subirent d’odieux traitements et torturés jusqu'à la mort pour certains.

Le village fut reconstruit. A peine l’était-il que la guerre de Trente Ans déferla avec son cortège de calamités et la peste. L’occupation française de 1676 à 1697 multiplia les taxes et exactions.... Et la guerre s’éloigna de Roches malgré l’occupation de 1814-1815. Le village fut encore la proie en 1824 d’un affreux incendie qui anéantit cinq fermes réduisant les habitants à la détresse... Mais Roches allait encore subir la guerre.... en 1944. Lorsque le front se fut stabilisé le 8 septembre au 17 novembre 1944. Le village fut alors totalement évacué, pillé et sinistré avec des maisons rasés ou à demi - ruinées par les obus. Comme après les Guise, le village était à reconstruire....

La population de Roches avec ses 23 feux en 1585 peut être estimée à environ 110 habitants. Comme 23 maisons ont été incendiées en 1588 par les Guise, on peut déduire que le village a été totalement ravagé. Le détail des pertes fait apparaître que sur ces 23 maisons, il y avait seulement "  3 cheminées de pierre ", ce qui permet de dire que les fermes de cette époque étaient toutes construites en bois et pisé à trois exceptions près. D’où la facilité de l’incendie qui n’épargna rien. On connaît les noms de tous les propriétaires de ces maisons : les Vurpillot (4 familles), Colard (2 familles), Freslot (2 familles), Grosregnauld (2 familles), Chasserot (3 familles), Montaignon (2 familles) puis les Grésat, Coulon, Simon, Cadol, Bourgeois, Nozy et Malfreigeot. Les plus anciens de ces patronymes apparurent en 1487 et 1501 avec les Montaignon, Vurpillot, Freslot, Coulon, Grosregnauld, Chasserot et Colard. Des noms avaient déjà disparu en 1588 pour aller ailleurs, comme les Bauldroit. Sur les 38 patronymes qui peuplent le village au 18ème siècle, il n’en reste que 5 de ceux notés en 1588, il y a donc 33 nouvelles familles qui ont, à partir du 17ème siècle, repeuplé le village avec des Suisses protestants après la guerre de Trente Ans et la peste. Parmi ceux-ci, il y eut un plus que centenaire : Abraham L’Escurieux, qui trépassa au village le 10 mars 1658, événement sensationnel pour l’époque. Il était natif des Bernets (Pté. De Neuchâtel). Ses deux fils firent souche à Sainte-Marie. Aux Suisses, après 1699, s’ajoutèrent des catholiques étrangers au pays, sans doute Franc-Comtois et des luthériens des villages voisins de la seigneurie et du comté de Montbéliard. En 1985, le stock patronymique du village a été presque totalement renouvelé. Les noms de familles ayant franchi les 6 derniers siècles se comptent sur les doigt de la main et les Grosrenaud sont sûrement la plus vieille famille de Roches.

En 1688, Roches a retrouvé 26 maisons, 25 feux, 85 enfants, 1 valet, 27 hommes et 26 femmes forment sa population. Il y avait 5,56 personnes par feu, le village était en train de se reconstituer mais n’a encore que 139 âmes. La progression continua avec 39 maisons, 46 hommes, 50 femmes, 124 enfants en 1750 et 220 habitants. Le feu valait 5,54 personnes. En 1789, avec 286 habitants et 66 feux, la population du village a plus que doublé en un siècle de paix. Le feu a un peu décru avec seulement 4,33 personnes, mais le taux de remplacement était toujours assuré.

Les habitants de Roches étaient des paysans. Ils possédaient en 1688 : 32 poulains et 28 chevaux, 27 bovins et 116 moutons. En 1750, les cultures céréalières traditionnelles couvraient 415 journaux de champs, Roches avait aussi 240 journaux de prés et parcours et une centaine d’hectares de forêts. Le domaine comtal produisait des revenus perçus à Blamont en mesures de céréales et en argent, 200 à 250 mesures de froment, d’avoine et boige et presque 200 livres en argent, Quelques papiers font état en 1787 de l’exploitation de mine de fer réservée à la forge d’Audincourt que le prince faisait rouler. Les productions agricoles de 1793 furent estimées à 322 mesures de froment, 508 d’avoine et 17 d’orge.

La Révolution fut accueillie dans la joie mais le cahier de doléances du 16 mars 1789 n’a pas été retrouvé. On sait seulement qu’à cette date, 16 familles sur 66 étaient encore mainmortables soit le quart du village. Elles seront affranchies dès 1790 et participèrent, en 1791, avec les Vandoncourt et les Seloncourt, au Tronchet, à une grande fête patriotique : celle de la Fédération.

Les 300 habitants furent dépassés en 1801. En 1821, on recensa 368 âmes pour 70 feux. Le feu était remonté à 5,25. La dynamique démographique continua ensuite, malgré les épidémies. Celle de 1849, de dysenterie, provoquée par l’eau polluée des résurgences, fit 55 malades et 4 décès. Le maximum de la population fut atteint en 1872 avec 416 habitants et se maintint entre 380 et 408 jusqu’en 1901. Le village ne fut pas touché par l’exode rural parce qu’il était proche d’Hérimoncourt et de Meslières. Une partie des hommes allait y travailler quotidiennement dans les fabriques d’outils et dans l’horlogerie selon une enquête à la fin du second Empire. Les autres travaillaient à domicile dans le village et sur l’horlogerie, pour les mêmes fabriques tout en restant paysans. En 1852, il y avait : 35 ha de blé, 2 d’orge, 30 d’avoine, 85 ha de prairies et 105 ha de bois et un troupeau évalué, en 1858, à 92 bovins, et 40 veaux. En 1909, la mutation agraire du 19ème siècle était réalisée au profit d’un système agro-pastoral : 67 ha de terres labourables, 208 ha de prés, 56 de pâturages, 113 ha de forêt. Le troupeau était formé de 73 chevaux, 123 bovins, 38 porcs et 40 ovins-caprins. Actuellement en 1980, cette transformation n’a cessé de s’affirmer : il n’y a plus que 16 exploitations pour 400 ha de surface agricole utile dont 284 toujours en herbe, 69 en culture fourragères, 46 en céréales et 200 de forêts. Le troupeau est passé avec disparition des chevaux, à 354 bovins dont 186 vaches laitières, 01 porcs et 165 moutons, mais la société de fromagerie de 1891, n’existe plus. Viande de boucherie et lait sont consommés par la conurbation de la plaine dont l’industrialisation dépeupla le village de 1901 : 408 habitants, à 221 habitants en 1946. Roches perdit presque la moitié de sa population pendant cette période. Malgré les destructions de 1944, de 1946 à 1982, Roches a regagné toutes ses pertes pour atteindre presque 500 âmes au dernier recensement, en doublant à nouveau depuis la fin de la guerre. Le village est redevenu, pour des ouvriers travaillant à Audincourt, Sochaux, Hérimoncourt, Beaulieu-Mandeure, Seloncourt et Valentigney, une zone résidentielle ( terrains moins chers permettant la construction de maisons individuelles). Mais cette nouvelle poussée reste tributaire de la conjoncture économique des usines et essentiellement du groupe Peugeot.

© Famille Fesselet 2001 Dernière révision : 11 août,2011 . ©