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Vie religieuse :

L’époque de formation de cette paroisse est difficile à préciser, elle ne se trouve pas dans les six églises du Val-de-Ruz qu’indique le cartulaire de Lausanne en 1228, elle est mentionnée pour la première fois en 1324 dans un acte par lequel Perrod dit d’Engollon, domzel vend à Henri et Perrin, frères, seigneurs de Colombier, la moitié de toute la dîme de Chézard (Chesais) dans le Val-de-Ruz, avec tout ce qui en dépend dans la paroisse de Saint-Martin et dans la paroisse de Cernier (Cernies).

Cette paroisse dépendait sans doute à l’origine de l’église d’Engollon, la principale du Val-de-Ruz, et fut ensuite annexée à Fontaines ; le vicaire perpétuel de Cernier devait, en effet, au curé d’Engollon, et ceci sous le règne de Jean II (1339 à 1383), une corvée de charrue, trois fois l’an, et d’autres prestations, parce que l’église d’Engollon état la mère de celle de Cernier.

Il y avait en 1766, au Val de Ruz, dix églises et cinq cures. La cure de Fontaines comprenait Fontaines avec les Genveys-sur-Fontaines ou les Hauts-Geneveys, son annexe était Cernier dans la paroisse duquel était Fontainemelon.

La paroisse de Cernier était donc annexe de celle de Fontaines et elle le resta jusqu’en 1875. Elle comprenait alors Cernier, Fontainemelon et le Grand-Chézard, et ne constituait que l’annexe de Fontaines-Hauts-Geneveys.

Le Grand Chézard fut détaché en 1753, Cernier et Fontainemelon furent séparés de Fontaines en 1875. Enfin, Fontainemelon devint paroisse spéciale dès 1900, par décret du Grand Conseil du 19 novembre.

Au moment de la Réformation, Jean de Belly, comme curé de la paroisse, se rendait de temps à autre de Fontaines à Cernier pour la messe. Cernier était alors un petit village où les taillables formaient la majorité de la population, ce qui explique dans une certaine mesure que le mouvement de la Réforme ait commencé à Dombresson et à Cernier, Farel, accompagné de son clerc, Antoine Froment, prêcha à Cernier le 15 août 1530 ; sa prédication n’y fut point troublée ; il dina au village et revint de là à Neuchâtel. En route, en passant à Valangin, il y fut malmené, et même grièvement blessé.

La paroisse de Cernier adopta la réforme dès ses premières manifestations. Cernier avait à ce moment 145 habitants, Fontaines 70et Chézard (probablement les deux Chézards) 110. Le premier pasteur fut Jean de Belly, ancien curé, dont les descendants établis à Cernier sont devenus communiers.

Jean de Belly fut non seulement le premier pasteur, mais le réformateur de Fontaines et de Cernier. Il était, dit-on originaire de Crest, en Dauphiné. Sur le chemin de Fontaines à Cernier, à gauche de la route, se trouve une pierre dite encore : " la pierre à Maître Jean ", d’où le réformateur annonçait l’Evangile en attendant l’occasion de l’annoncer dans le temple. Cette pierre paraît avoir servi de tribune à de Belly. Plus tard, une fois devenue vieux, quand il allait de sa cure de Fontaines à Cernier, aimait encore à se reposer sur la pierre en question.

Lorsque toutes les paroisses du Val-de-Ruz se furent déclarées pour l’Evangile, la comtesse de Valangin, Guillemette de Vergy, dut céder aux réclamations de ses sujets, qu’encourageaient MM. De Berne et de Neuchâtel, et elle dut remettre aux prédicants, une partie au moins des revenus des cures dans lesquelles ils étaient établis.

La première "pension " qu’elle régla fut celle du pasteur de Fontaines-Cernier. Par mandement du 25 août 1536, Guillemette de Vergy, dame de Valangin, fait savoir :

"  Et premièrement, avons ordonnez et ordonnons pour maistre Jean Debelly, prédicant à Fontaine et à Cernier, pour prescher et annoncer l’évangile et parole de Dieu selon la Saincte Escripture, es dictz deux lieux comment appartient, et tout ce qu’il pourra maintenir tant par le Vieulx Testament que par le Nouveaul ung checun predicant et ministre a sa perroche et luy que leurs seront ordonner de nostre part. Et pour ce faire le dict ministre Jean Debelly aura lieu tant au dict Fontaine que au dict Cernié. Et aura et percevra ung chascun an tout le revenu des dictz deux lieux, tant en censes qu’en rentes , avec les dixmes comment du passez, tant en argent, en vin, en graines, en aignez que de chenesve, à savoir de la femelle et non autrement, et une esmyne de froment pour la premesse par feugz estant es dictz deux lieux……etc. "

Le représentant de Cernier à Valangin était Pierre Carrel.

Jean de Belly ne fut installé officiellement comme pasteur de Fontaines-Cernier que le 1er janvier 1538.

L’administration de la paroisse qui était avant la Réformation entre les mains de l’autorité ecclésiastique passa à cette époque, quant au temporel, aux autorités locales des trois villages qui l’exercèrent soit par leurs gouverneurs, soit par des délégués de leurs assemblées de commune, soit aussi par l’assemblée générale des paroissiens ; les décisions étaient prises à la majorité des membres présents. En 1774, lorsqu’il s’agit de reconstruire la toue du temple, une assemblée de paroisse ayant été réunie, et la discussion de ce projet étant terminée. Les paroissiens de Fontainemelon refusèrent de voter disant que la question devait d’abord être discutée et votée dans leur assemblée de commune. Cernier s’y opposa objectant que si l’opinion de Fontainemelon était admise, comme telle, et qu’ainsi Cernier, dont les paroissiens étaient cependant plus nombreux et qui contribuait aux dépenses pour une somme plus forte que Fontainemelon et Chézard, se trouveraient n’avoir dans les votations qu’une voix comme chacune de ces communautés. L’affaire fut portée devant le Conseil d’état qui semble avoir donné raison à Fontainemelon.

© Famille Fesselet 2001 Dernière révision : 11 août,2011