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Histoire de la commune :

En 1475, "en vertu de la singulière faveur et amitié qu’il portait aux honorables paysans du Vaul de Ruz ", Berne fit avec ces derniers un traité de combourgeoisie par lequel elle promettait de les maintenir, protéger et défendre envers et contre tous. Les taillables et mainmortables seuls étaient exclus. Les paysans du Vaul de Ruz payaient pour cela un tribut annuel de 7 florins d’or du Rhin (fr.35.20) et dans le cas où ils voulussent plus tard se soustraire à ce protectorat, une dédite de 200 florins. " Chacune des communautés de la vallée était chargée à tour de rôle, pendant un certain nombre d’années, de recueillir ce tribut et de le transmettre à Berne sous sa responsabilité. "Au moment de la réunion de la Seigneurie de Valangin au Comté de Neuchâtel, les deux filles de René Challant se disputaient sa succession. C’étaient Isabelle et Philiberte. La lutte dura quelques années. Il résulte des documents connus que les habitants de Cernier furent fidèles à Isabelle. Aussi, nous dit M. Châtalain, déjà en 1579 l’avoyer et Conseil de Berne écrivaient-ils : aux maire, gouverneurs et communaulté de la paroisse de Cernier, leurs combourgeois, "pour leur exprimer leurs regrets et leur esbahisssement " de ce qu’ils refusent de se soumettre à la duchesse de Longueville, les menaçants, s’ils ne le font, de rompre la combourgeoisie ou d’employer d’autres moyens (6 mars 1579). Ceux-ci ne tinrent pas compte de ces menaces et restèrent en relations avec la comtesse Isabelle, qui du Locle où séjournait, soutenait leur résistance. Lorsqu’elle était absente, c’était son fils, René-Emmanuel de Madrutz, qui leur écrivait et les tranquillisait au sujet des agissements de Berne. L’avoyer et Conseil de la ville de Berne n’en adressaient pas moins "aux honorables, prudents, leurs très chers et féaux bourgeois de la communaulté de Cernier " l’injonction de réfléchir encore quelques jours, les avertissants qu’ils ne pourront s’en prendre qu’à eux des maux qui en résulteront s’ils continuent à refuser de se soumettre à la duchesse de Longeuville (20mai 1584).

La diète de Baden ayant en novembre 1584 confirmé la sentence de la diète de Soleure de 1576, qui adjugeait à Marie de Bourbon la souveraineté et la possession de Valangin, Isabelle se décida enfin à délier ses sujets de leur serment de fidiélité et ceux-ci prêtèrent alors à leur nouvelle souveraine, le 7 décembre de la même année.

Il y a lieu de rappeler un certain nombre de faits concernant la communauté de Cernier :

Sur l’ordre de la Seigneurie et en vertu de la combourgeoisie avec Berne, la communauté de Cernier, en 1563, mit sur pied des soldats chargés de secourir cette ville menacée par la révolte des paysans. De quatorze soldats qui partirent de Cernier, les uns se rendirent à Berne, d’autres à Neubrück et à Güminen, six autres, des mousquetaires, prirent part au combat d’Hezogenbuchsee, d’où ils revinrent tous en bonne santé. Cernier devait entretenir ces soldats. Berne ne leur donnant qu’un pain de munitions par jour.

Il n’est question dans le plus ancien volume des procès-verbaux de la commune de Cernier que des questions agricoles : pâturages, taureaux, brevards, moutons, etc. Il n’y a qu’une séance par an.

En 1690 "la Communauté estant assemblée dans la maison du village, les maîtres seront assis les uns après les autres, savoir le plus vieux maître le premier. Celui qui quittera sa place alors qu’on demandera les avis sera chastié de 4 batz ".

Le même jour on décide que : "  les Gouverneurs des cinq villages estant assemblés à Fontaines, qu’on visitera chaque année la cure le jour après la foire de Dombresson. "

Des difficultés se produisent assez fréquemment avec Fontainemelon touchant les bois et le brévarderies, avec Fontaines à propos des délimitations, avec Chézard au sujet des pâturages et de la brévarderie.

1766 : "  Passé que l’on a reçu une allemande pour chirurgienne du bétail. "

Les relations avec les localités voisines n’ont pas toujours été faciles. Il y eut des luttes vives et longues, avec Chézard en particulier. Les délimitations de territoire, la mise à gage de quelque pièce de bétail égarée sur le pâturage voisin, l’entretien des charrières et leur ouverture en hiver, les gages du chantre, l’entretien ou la réparation du temple, le traitement du régent, etc. , étaient les principales causes des conflits, qui se terminaient généralement à l’avantage de Cernier. Les rivalités locales venaient parfois aigrir ces conflits et en rendaient la solution plus difficile.

Les procès-verbaux de la commune mentionnent au 18ème siècle la présence de loups et d’ours qui exigent l’organisation de chasses. En outre, des vagabonds nombreux pénètrent dans le Val-de-Ruz par le Pertuis et le Bugnenet. La sécurité des habitants travaillant aux champs ou dans les forêts était compromise. L’état dut prendre des mesures, mais il fallut faire intervenir les communes. En septembre 1746, la commune de Cernier, sur l’ordre de la Seigneurie, ordonne "la chasse des gueux ", deux fois par semaine. En 1749, 16 hommes armés de fusils, d’épées ou de sabres furent envoyés sur tout le territoire communal pour s’emparer des rôdeurs. L’exercice des milices avait lieu chaque semaine, le dimanche, après le sermon du matin. Les soldats de Cernier étaient réunis à ceux de Savagnier, la commune accordait alors à ses officiers une allocation "pour boire un coup honnête ", avec leurs compagnons d’armes. L’autorité supérieure ayant changé de lieu d’exercices, le gouverneur de Cernier dut lui annoncer que les soldats refusaient d’y aller. La commune ne consentit pas non plus à ce qu’on "mêlât ses hommes par rang de hauteur "(elle voulait qu’ils fussent placés par rang d’ancienneté) et à ce qu’on leur imposât un uniforme. On voit que la discipline militaire n’était pas encore chose très connue.

Les archives relatent donc fort peu de faits concernant les habitants de Cernier. Ils sont avant tous préoccupés des travaux de la terre et n’ont pas l’air de se tourmenter beaucoup des affaires du pays. On trouve cependant la mention de la remise de la principauté à Napoléon en 1806. "  A la date du 12 mars, est-il dit dans les procès-verbaux de la commune, lecture ayant été fait du rescrit de Sa Majesté le Roi de Prusse par lequel il annonce qu’il remet sa principauté de Neuchâtel et Valangin à sa Majesté napoléon, Empereur des Français, exhortant les peuples à rester soumis et obéissants, et à ne pas s’attirer l’animadversion du nouveau gouvernement sous lequel nous allons être réunis, tous les bourgeois ont fait paraître une entière satisfaction de même qu’à l’égard des avertissements du vertueux conseils de bourgeoisie de rester dans la subordination et la tranquillité. Passé qu’on suspend d’ouvrir les chemins jusqu’à ce que le temps soit favorable. Passé que ceux qui ont assisté à l’assemblée ont chacun dix batz ".

Un fait curieux, c’est qu’en 1813, lors du passage des alliés, vingt gragons du corps de l’archiduc Jean arrivèrent à Cernier, croyant arriver à Serrières où leur logement étaient retenus. Furieux de cette course inutile, les dragons cassèrent les vitres des maisons, battirent le gouverneur, réquisitionnèrent du vin et des vivres, menacèrent de mettre le feu au village, si on en ne leur accordait pas tout ce qu’ils réclamaient. On chercha à les calmer et le lendemain on les remit sur le chemin de Serrières. Cernier dépensa pour les troupes alliées 1740 livres (Fr.2418.60).

Cernier possédait en 1531 145 habitants ; la population ne paraît pas avoir augmenté d’une façon rapide. On était d’ailleurs assez exigeant au point de vue de l’agrégation de nouveaux communiers. L’assemblée des maîtres de commune, c’est à dire des communiers ayant feu à part, votait ou refusait les candidats. Nous trouvons des renseignements à ce sujet à propos de l’agrégation en 1593 de Jacques Perrot, fabvre, qui est admis à condition " qu’il fasse résidence personnelle au dict village et communaulté dict Cernier sa vie durant et nous serve de son mestier de fabvre (maréchal) autant le poure (pauvre) que le riche, en prenant salaire raisonnable de l’ouvrage qu’il fera. Et si le dict fabvre allait faire sa résidence durant sa vye hors du village de Cernier, le présent ouctroy et réception de communaulté sera et demourera cassé et de nulle valeur pour lui et ses hoirs. Et avons facite la dite réception au dict fabvre de tract spéciale sans aucun gentrage, réservé trois cetiers de vin (91 litres) qu’il nous a donné pour le banquet de ceux de nostre dicte communaulté.

Au 16ème et 17ème siècle, les assemblées de commune sont rares, une ou deux séances par an ; elles avaient lieu, comme dans toutes les communes du pays, avec décence, même avec dignité, et suivant des règlements assez sévères qui prévoyaient la place occupée par les communiers, les sujets dont il était permis de discuter et ceux qu’il était interdit de mentionner. Parfois les séances avaient lieu au Temple ou dans les champs, et dans la forêt suivant l’ordre du jour. Les femmes veuves ayant feu à part assistaient aux assemblées et recevaient leur répartition de bois, etc. La commune avait comme chef un gouverneur et un sous-gouverneur nommé pour un an. Ils ne pouvaient refuser leur nomination. Aucun fait digne de remarque n’est à citer pendant bien des siècles. Vers 1750, on s’occupe de l’assistance des pauvres et on fonde une chambre de Charité.

On trouve quelques maisons portant des dates du 18ème siècle, 1757-1762.

Le 19ème siècle provoqua la transformation de Cernier, qui devint, après une lutte assez vive, le chef-lieu du Val-de-Ruz. La question fut introduite devant l’autorité législative, par une pétition des autorités communales et municipales de Cernier, du 15 novembre 1875, demandant que Cernier devienne le chef lieu du District du Val-de-Ruz. Le même jour Fontaines, alors chef-lieu, demandait que la pétition ne soit pas prise en considération. L’affaire fut renvoyée au Conseil d’état pour rapport.

Le rapport du Conseil d’état sur la question du chef-lieu du Val-de-Ruz fut présenté au Grand Conseil le 21 novembre 1877 et renvoyé à une commission de sept membres qui rapporta dans la séance du 28 novembre, et démontra que Cernier se trouvait dans une situation financière plus avantageuse que Fontaines à divers points de vue, exposa d’une façon détaillée la situation des deux communes et proposa au Grand Conseil le décret suivant :

 

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