2 a, b, SITUATIONS LINGUISTIQUE ET CULTURELLE

La langue française dans le canton de Berne

Dan les six des sept district qui forment aujourd’hui la partie jurassienne du canton de Berne on parle le français, nonobstant le fait que durant tout le Moyen Age et jusqu’au 18ème siècle, la langue officielle à la Cour de l’Evêché ait été l’allemand, c’est la raison pour laquelle plus de 60% des archives jurassienne transférées récemment à Porrentruy sont en allemand. La population d’expression française des districts jurassiens de la Neuveville, Courtelary, Moutier, Delémont, Porrentruy et des Franches-Montagnes représente 10,9% de la population globale du canton de BE (recensement de 1955) . Les langues allemandes et française sont toutefois placées sur pied d’égalité, pratiquement depuis toujours, formellement depuis 1950. L’article 17 de Cst. Cantonale dans sa teneur du 29 octobre 50 dispose :

"  La langue allemande et la langue française sont des langues nationales ".

"L’allemand est la langue officielle dans l’ancien canton et dans le district de Laufon".

"  Les lois, décrets et ordonnances ainsi que les arrêtés de portée générale sont publiés en allemand dans la partie allemande du canton et en français dans la partie française, etc. "

Dans les six districts jurassiens d’expression française, l’assimilation des populations de langue allemande et la suppression française, l’assimilation des populations de langue allemande et la suppression successive des écoles allemandes se poursuivent. Bien qu’il s’agisse, en ce qui concerne les écoles fondées par les anabaptistes, pour la plupart situées sur les hauteurs éloignées des villages et exploitées le plus souvent par des agriculteurs de langue allemande de cas spéciaux, le Grand Conseil du canton de BE a décidé en 1949 d’encourager l’assimilation de ces milieux, afin de réaliser l’intégrité linguistique du territoire des six districts jurassiens de langue française. Les écoles allemandes de Delémont, Moutier et Tavannes ont été formées il y a plus de 60 ans déjà, suivies par celles de la Montagne de Moutier et Choindez, de Bellelay, du Perceux, de Chaluet, etc. Des six écoles allemandes existant encore actuellement, toutes sont des écoles de montagne. Trois d’entre elles sont des écoles publiques et ont été créés par les communes elles-mêmes. Trois par contre sont des écoles purement privées. Dans toutes les classes de ces écoles l’enseignement du français est de 150 à 160 heures au minimum par année. Il y a dans ces écoles tout au plus 140 enfants de langue allemande, alors que le total des écoliers du Jura de langue française dépasse le nombre de 19'000 (ceci en 1968) ! Il faut dénaturer intentionnellement les faits pour en déduire que le Jura est en danger d’être germanisé, (comme le prétendent les séparatistes ! !)

L’école cantonale de Porrentruy (gymnase) est un cas particulier, c’est en effet la seule école moyenne du canton qui dépend financièrement intégralement de l’Etat. Elle n’en est pas moins à l’instar des écoles normales du Jura, placée sous la surveillance d’une commission composée exclusivement de Jurassiens. Les dépenses de l’Etat pour cet établissement scolaire se montent à quelque 900'000.- francs par an ; dans les autres régions du canton, les gymnases constituent de lourdes charges pour les communes.

Même l'Université de Berne, le nombre des cours en langue française a été passablement accru, notamment aux facultés de droit et des lettres. D'autre part, les cours obligatoires pour les étudiants jurassiens qui désirent passer leurs examens à l'Université de Berne ont été diminués.

Il ressort de ces considérations que l'on a tenu compte dans une très large mesure de la minorité linguistique du Jura.