SITUATION ECONOMIQUE

 

L'essor industriel date de l'époque du rattachement à Berne (important). La Suisse entière subissait les assauts de la révolution industrielle. Il existe cependant certains facteurs propres au Jura qui ont favorisé ou retardé ce développement.

Le Jura n’est pas favorisé par les voies de communication mais par contre sa situation géographique est avantageuse. Pas de charbon et très peu d’eau, l’énergie électrique arrive des Alpes. En revanche les gisements de fer les importants de Suisse se trouvent dans la vallée de Delémont, et les mines furent exploitées depuis l’époque romaine, jusqu’en 1918. Ceci explique l’installation importante de 2 succursales des entreprises Von Roll. Tandis que la présence d’une " ancienne " verrerie à Moutier est en relation avec le sable vitrifiable du Doubs et de la Birse. Une autre richesse réside dans le calcaire, exploité et transformé en chaux, ciment, pierres de construction, etc. En 1850 déjà il y avait 6 hauts-fourneaux en activité dans les Jura, l’unique de Suisse se trouve aujourd’hui à Choindez. Le facteur humain est très important. L’industrie des machines et l’horlogerie exige une main d’œuvre qualifiée, pour un travail minutieux et précis et l’ouvrier jurassien a très rapidement su s’adapter.

Encouragement de l’économie jurassienne

Le canton de Berne aide beaucoup le Jura au point de vue financier. Les autorités cantonales ont toujours voué la plus grande attention aux exigences de l’économie jurassienne. Durant la période de crise, qui affecta notamment l’industrie jurassienne de la montre des montants considérables ont été versés pour l’aide aux chômeurs et la création d’occasion de travail. Le fonds de secours aux communes a versé durant des années de crise des subventions s’élevant à de nombreux millions aux communes bernoise obérées, dont plus de 70% au bénéfice de communes jurassiennes. Da tout temps une attention toute particulière a été vouée aux chemins de fer du Jura. En 1949, par décision populaire, un crédit cantonal de 7,9 millions a été mis à disposition des chemins de fer privés jurassiens. Les communes intéressées à ces lignes avaient à fournir en commun 1,5 million. Depuis 1950, le canton de Berne a versé 3 millions supplémentaires en faveur des chemins de fer jurassiens.

L’industrie horlogère requiert également une attention permanente, également une attention permanente , ses problèmes de structure présentent une importance capitale pour le degré d’occupation des la main-d’œuvre jurassienne. La Direction de l’économie publique a institué une commission spéciale chargée d’étudier à temps ces problèmes, cependant, que pour assurer la formation professionnelle des cadres, l’école d’horlogerie de St Imier a été transformé en technicum cantonal. En outre, la direction de l’économie publique a institué pour le Jura un inspectorat de l’industrie et de l’artisanat, avec siège à Bienne, qui s’occupe essentiellement de la situation particulière des industries jurassiennes. En matière d’orientation professionnelle, le Jura, qui dispose de deux conseillers d’orientation à poste principal, est ainsi mieux doté que les autres partie du canon de Berne.

Les multiples efforts entrepris pour améliorer les bases de production de l’agriculture se développent , dans le Jura, parallèlement aux travaux opérés dans les autres parties du canton. On accorde d’autre part dans le Jura la plus grande importance aux améliorations foncières et plus spécialement à l’alimentation en eau, aux remaniements parcellaires, à la construction de chemins de montagnes et aux travaux d’aménagement agricole. Le service de vulgarisation agricole concentré pour le Jura à l’Ecoule d’agriculture de Courtemelon a été développé il y a peu de temps par un nouvel ingénieur agronome. L’Association Pro Jura, à laquelle le canton verse un subside de 15'000.- francs, travaille à la propagande touristique jurassienne. En outre, l’association pour la défense des Intérêts du Jura (ADIJ) est reconnue en tant que chambre jurassienne d’économie publique et bénéficie de 10'000.- francs de la part de l’Etat.

Au point de vue financier , les rapport de 1960 concernant le Jura et les finances de l’Etat de berne indique que, dans la moyenne de plusieurs décennies, le Jura a fourni 12,4% des recettes du canton de Berne, alors qu’il a touché le 16,8% des dépenses. On ne saurait ainsi parler d’un abandon économique du Jura, dont la propagande séparatiste ne cesse de se plaindre.

Rapport du Conseil Exécutif du canton de Berne sur l’évolution des relations de l’Etat de Berne avec la partie jurassienne du canton.

Publié par la Chancellerie de l’Etat de Berne (1964).

 

Famille Fesselet révisé le 12.08.2011